Le site d'enfouissement de Westville, à New York, aux États-Unis, se situe à environ 1 km de la frontière canadienne, à proximité de la petite municipalité québécoise d'Elgin. En activité depuis 1994, ce site reçoit et enfouit 125 000 tonnes de déchets annuellement.
Selon la demande d’agrandissement qu’a officiellement déposée le promoteur (Franklin Solid Waste Management Authority), et si le projet se déroule conformément aux objectifs prévus, le site d’enfouissement passerait d’environ 120 acres à 630 acres (240 hectares), soit plus de cinq fois sa superficie actuelle. Sa proximité du bassin de la rivière Châteauguay inquiète beaucoup les résidents du Haut-Saint-Laurent. Le bassin versant de la rivière couvre 2 540 km2 répartis de part et d’autre de la frontière canado-américaine.
Bien entendu, le promoteur du projet se fait rassurant dans ses documents d’information, laissant dans l’ombre des questions qui méritent d’être traitées au grand jour dans l’intérêt du public. La majorité des habitants de la région dépendent de l’eau souterraine comme principale, pour ne pas dire unique, source d’approvisionnement. L’agrandissement fait craindre le pire. Nous sommes d’avis que le traitement des déchets devrait faire l’objet des solutions plus modernes et moins dommageables qu’ont déjà mises de l’avant certains des pays ouverts à la récupération et au recyclage.
Le directeur du site, interrogé par rapport au manque de programmes de recyclage des matériaux enfouis régulièrement, a révélé ne pas croire aux vertus du recyclage et de la récupération. Ceci en dit long sur le caractère et la nature des opérations futures sur le site. Au Québec, le gouvernement provincial incite les municipalités à implanter et à améliorer les programmes de recyclage afin de réduire de façon radicale la quantité de déchets dirigée vers les sites d’enfouissement. L’objectif est d’atteindre un taux de récupération de l’ordre de 60 % d’ici l’année 2010. Qu’en est-il pour nos voisins du Sud?
Les dernières statistiques démontrent que le taux de récupération et de recyclage pour le Nord de l’État de New York ne représente qu’un faible taux de 12 % de la quantité des ordures produites annuellement. De toute évidence, ces pratiques sont très loin de faire partie des mœurs et de la mentalité américaine. La tendance devrait être à la stabilisation et à la réduction des territoires qu’occupent les sites d’enfouissement, et non l’inverse. Cet objectif ne peut être atteint que s’il y a une réelle volonté, de la part des gouvernements concernés, d’obliger les différents intervenants à se conformer à ces nouvelles directives. C’est seulement à ce prix que nous pourrons espérer protéger nos territoires et nos ressources en eau potable.
Le Canada et les États-Unis se partagent la responsabilité de la gestion des eaux conjointes dans les bassins versants du Saint-Laurent et des Grands Lacs. De ce fait, nous demandons aux différents gouvernements d’intervenir pour mettre un terme à ce projet controversé et instaurer, une fois pour toute, une politique internationale en matière de protection de l’eau et des bassins versants qui longent nos frontières communes.
C’est pourquoi nous vous demandons, dans les semaines et les mois à venir, de vous joindre à nous pour appuyer la « Coalition contre le site d’enfouissement de Westville » dans les efforts qu’elle déploie pour exercer des pressions en vue de mettre fin à ce projet insensé qui menace l’eau de consommation essentielle à l’ensemble de notre territoire.
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